45° | Maureen Domprobst
Série réalisée lors du stage de Claudine Doury, 2026.
Ce projet est né d’une interrogation simple : à quoi ressemblera notre quotidien lorsque la catastrophe ne sera plus un événement exceptionnel, mais un environnement avec lequel humains et animaux auront appris à composer ? »
Les catastrophes ne surviennent pas toujours dans le fracas. Elles s’installent lentement, jusqu’à devenir un paysage familier.
45 degrés est une fiction documentaire qui explore un futur déjà en germe.
À travers des paysages méditerranéens, des scènes du quotidien et des mises en scène, la série imagine un territoire où la chaleur s’est durablement installée, transformant silencieusement les paysages, les comportements et les conditions mêmes du vivant.Le projet ne cherche pas à représenter la catastrophe comme un événement spectaculaire, mais à révéler les traces qu’elle imprime. Celles qui marquent les sols, la végétation et les habitations, mais aussi celles qui s’inscrivent sur les corps humains et animaux : une peau moite, un souffle court, un regard inquiet, une fuite, un refuge recherché, une terre desséchée ou un paysage consumé. Peu à peu, la chaleur façonne une nouvelle manière d’habiter le monde.
Entre documentaire et fiction, les images brouillent volontairement les frontières entre le réel et l’anticipation. Les incendies, la sécheresse et l’étouffement ne sont pas toujours visibles ; ils demeurent en arrière-plan, présents dans une lumière écrasante, un linge suspendu, un animal en errance ou un geste devenu instinctif pour continuer à vivre.
À travers les êtres humains comme les animaux, 45 degrés interroge notre capacité d’adaptation face à un environnement qui devient progressivement inhabitable. Lorsque l’exception devient la norme, que reste-t-il de notre quotidien ?
Comment les êtres vivants persistent-ils lorsque chaque geste est dicté par la recherche d’un peu d’ombre, d’eau ou d’air ?
La série ne documente pas uniquement une crise climatique ; elle questionne un basculement.
Celui où l’urgence cesse d’être perçue comme exceptionnelle pour s’inscrire dans nos habitudes, nos paysages et nos corps.
Elle invite à réfléchir à la manière dont le dérèglement climatique transforme, souvent de façon imperceptible, notre rapport au territoire, aux autres espèces et au vivant lui-même.
« Nos territoires, nos animaux, le vivant
Nos pères, nos mères, nos enfants.
Si vous pensez que cela n’arrive qu’aux autres… Derrière nos écrans, esclaffés,
ventilo à côté, nous nous demandons :Comment a pu t-on en arriver là ?